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L'histoire d'une nouvelle vie, une opération, de la volonté et une motivation à toute épreuve pour 130kg en moins.

La Belle et la sleeve

La fin de la lune de miel

Mon chirurgien le répète à chaque réunion qu'il organise, à chaque rdv. L'opération n'est qu'un outil, nous sommes les ouvriers et si on se relâche les kilos reviennent au galop.

C'est ce qu'il s'est passé pour moi à la fin de l'année 2015.

Tout a commencé avec une belle phlébite à la jambe gauche en janvier 2015 alors que je ne prenait pas de pilule contraceptive, je n'étais pas en surpoids, je faisais 15 heures de sport par semaine (dont 6 de judo).

Bref mise sous anticoagulants, arrêt du judo car de trop grands risques d'hémorragies internes en cas de coups. Au bout de deux mois j'arrête les anticoagulants et je peux reprendre les entrainements et compétitions de judo, la phlébite est finie.

Pendant des mois je suis tombée en anorexie mentale, je ne mangeais que du blanc de poulet (une demie tranche par repas et de la soupe claire que je faisais moi même. Le résultat est celui qu'on connaît, j'ai perdu 130kgen un an, sur ce point j'ai réussi à perdre tout le poids que j'avais en trop. J'avais décidé de commencer les démarches pour la chirurgie réparatrice. Je commence donc un rééquilibrage alimentaire en réintroduisant peu à peu dans mon alimentation des féculents, des matières grasses, du sucre etc.. Et même en m'accordant (chose que je ne faisais JAMAIS auparavant) de petits plaisirs, des petites gourmandises. Mon poids a ainsi commencé à se stabiliser vers les 70kg. Au début du mois de juin, dans la nuit du 6 au 7, en soirée avec des amies je remange pour la première fois depuis l'opération des M&M's, quelques uns (pas beaucoup vu mon estomac de minipouce) et nous nous promenons sur la place Jaude (je vis à Clermont Ferrand). Vers minuit, je suis prise de douleurs à l'abdomen, mais super Carine étant pas quelqu'un de douillet se dit "ça va passer, ce doit être les M&M's" après tout peut etre que côté digestif le sucre + la cacahuète et tout mon petit estomac doit travailler! Donc je fais comme si de rien n'était, pas question de se plaindre pour ça, je suis loin d'être douillette (je riais quand on m'a tatouée) on continue, on marche. A 1h du matin, je suis pliée en deux, j'ai l'impression qu'on me poignarde l'abdomen qui au passage est dur comme de la roche. Je suis quand même dure au mal, "je vais rentrer chez moi ça va passer" dis je à mon amie qui refuse et appelle le SAMU. Elle m'emmène au CHU Gabriel Montpied à 1h30, arrivée au urgences, la douleur est si violente que je hurle littéralement, je passe en priorité devant tous les gens qui étaient là, on m'injecte en intra veineuse directement 4 unités de morphine et on m'envoie au scanner (temps de prise en charge : 2min) je ne peux même pas me déshabiller seule, les infirmières font voler mes vêtements en moins de 30s. Je passe un scanner, je me retrouve sous perfusion de calmants, régulièrement on m'injecte des unités de morphines en attendant les résultats du scanner. Mon amie me rejoint dans le box où j'attends, complètement shootée à la morphine et sous surveillance. Les médecins arrivent avec cet air sur le visage, vous savez cet air qui dit "vous allez crever, mais on compatis, si si" Résultats du scanner : j'ai une thrombose de la veine porte. "Eukayyyy, qu'est ce que c'est que cette bête là?" dis je. Donc là on m'explique, il y a des veines qui prennent leur origine dans la rate, le pancréas, ou le tube digestif et aboutissent au foie. Ce système veineux est très particulier dans l’organisme. Les autres systèmes veineux se terminent tous dans le cœur. Le système porte s’ajoute donc à l’artère hépatique pour irriguer le foie. Le foie est le seul organe à être irrigué à la fois par une artère (comme les autres organes) mais aussi, ce qui est unique, par une veine : la veine porte. "Ok pour le système porte j'ai pigé, et la thrombose c'est quoi ?" Donc, c'est l’obstruction de la veine porte par un thrombus (un caillot). "Bon, une sorte de phlébite quoi?" Oui mais en beaucoup plus grave me disent les médecins. Quelques heures de plus et ... "Ok ok j'ai compris, ma copine m'a sauvé la vie en appelant le 15 et en me conduisant ici, compris" Je suis transférée dans le service de médecine interne au 7ème étage du CHU. Ma famille est prévenue, mes parents qui ne vivent pas en Auvergne se mettent en route pour Clermont Ferrand. Arrivée dans le service on me transporte dans une chambre, il est alors 11h du matin et je n'ai toujours pas dormi malgré la douche de calmants et de morphine. Je m'écroule et n'ouvre les yeux qu'en fin d'après midi, ma famille est là mais je suis totalement dans les vappes (je rattrape ma nuit, puis la douleur, puis les calmants, bref la forme). Le lendemain matin, je vois tout un bataillon de médecins qui m'expliquent un peu la suite des choses, en gros "on va vous garder, au moins une ou deux semaines, vous avez été placée sous anticoagulants et on doit surveiller le dosage pour obtenir un INR satisfaisant" INR : taux de coagulation du sang en gros. Pour la thrombose il me le faut entre 2 et 3, le mien est à 1.. Apprenant que je suis sleevée, l'interne veut me faire passer une fibro (oh joie...) je suis donc transférée en ambulance à Estaing (autre CHU de Clermont Ferrand), en pleurs, je panique, vu mes douleurs je suis morte de peur, je demande à être anesthésiée. L'interne (du haut de sa grande expérience en tant que médecin) refuse tout net, il ne l'envisage même pas. J'arrive donc au service à Estaing en totale crise d'angoisse, là bas, les médecins me disent en gros que si l'interne de Montpied leur avait dit que j'avais peur et mal comme ça ils m'auraient endormie mais là dans l'état où j'étais c'était impossible de m'en faire une. Retour en ambulance à Montpied ou l'interne m'en veux clairement de ne pas avoir subi la fibro (excuses moi sale crétin d'avoir paniqué, c'est vrai que ça se contrôle ça avec mes douleurs, les calmants, la fatigue, la peur etc..). Bref "puisque c'est comme ça on va faire sans" me dit-il, et je sens que ça lui plaît autant qu'avoir le pied dans une fourmilière. C'est parti pour une hospitalisation avec deux piqures d'anticoagulants par jour, plus une prise de sang un jour sur deux pour vérifier le dosage. Au bout d'une semaine je craque, zéro amélioration !! Même dose d'anticoagulants (deux piqûres par jour + 1/2 cachet de Préviscan le soir) ceci malgré le fait que mes prises de sang tout au long de cette semaine au CHU ne montrait pas de mouvement dans mon INR hein, il était toujours à 1. Je pose des questions (je tiens à préciser qu'on ne voit QUE des internes) personne ne me répond. Comprenez, mon INR ne bouge pas, il est trop bas, donc je n'ai pas assez d'anticoagulants, mais dans ce cas bon sang : pourquoi on ne me l'augmente pas bordel ??!! Bref je suis déjà de bonne humeur. Une interne vient me voir et me dit, "vu que vous avez eu une sleeve, on veut que NOTRE chirurgien bariatrique vienne vous voir" Soit, si ça peut vous faire plaisir, j'adore jouer les monstres de foire, amenez donc votre star, aller. Là le professeur S. (le chirurgien qui fait donc sleeves et bypass à Montpied) rentre dans la chambre, pas un bonjour ni merde ni rien, il fait sortir mes parents sans me demander mon avis et j'ai pas mon mot à dire (ok, vous savez que je vais avoir 30 ans je peux aussi m'expirmer? Bref!) Il ne me dit toujours pas bonjour, me regarde et me dit : " vous avez un goître vous" réponse glaciale de ma part : "bonjour môssieur" (pas question d'appeler ce gougnafier par son titre) bref il m'ausculte... Puis fait comme si je n'étais pas là et s'adresse à l'interne et lui dit : "je pense que le chirurgien qui lui a fait la sleeve il y a un an à pas fait attention, il a du s'appuyer sur son thorax pendant l'opération et c'est lui qui lui a causé la thrombose" Moi j'étais scotchée sur mon lit d'hôpital, effarée de ce que je venais d'entendre !!! Donc il accusait clairement MON chirurgien de m'avoir causé ce truc!!! Sauf que : vu la douche d'anticoagulants qu'on a en sortant de l'opération c'est pas possible, sans compter que j'ai fait une phlébite en janvier et que j'ai été trois mois sous anticoagulants donc, en admettant que la thrombose soit du fait du doc, vu les anticoagulants que j'ai fréquenté depuis un an elle serait partie !!! BREF !! Je décide donc de faire des pieds et des mains pour me tirer de là au plus vite ! Je prends contact avec mon angiologue à Montluçon pour savoir si elle peut assurer le suivi à distance : OK. Je peux me piquer seule matin et soir (un père diabétique et une mère aide soignante, je devrais gérer) : OK Prises de sang régulières ? Ok, je vis à deux pas du Laboratoire GenBio. Quand on voit que même les infirmières ne comprenaient pas que mon traitement ne soit pas augmenté, ça ne pouvait pas s'améliorer par miracle, cela dit une infirmière me fait comprendre à demi mot que je suis dans un CHU (donc un cas pratique tout à fait intéressant pour les étudiants). Ok donc je suis officiellement un rat de laboratoire pour eux, et en plus leur chirurgien digestif se permet l'audace de remettre en cause les compétences de mon chirurgien (qui plus est c'est mon chirurgien qui a appris à ce pignouf à opérer les sleeves). J'ai pété un plomb, je sors !! Je suis vue dès le lendemain à Montluçon par mon angiologue qui me dit qu'on augmente DE SUITE le traitement (logique donc) on passe à un cachet entier de Préviscan, puis en une semaine et demie avec les prises de sang régulières et une augmentation au coup par coup du traitement : INR à 2,5 (la cible étant entre 2 et 3). En quelques jours, en dehors du CHU mon traitement est équilibré, je n'ai plus de douleurs et je peux même arrêter de me piquer, je reste juste sous Préviscan en cachets (1 + 1/2 un jour sur deux puis 1 + 3/4). Depuis mon INR est stable à 2,5. Mon angiologue a réussi à distance et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire à équilibrer mon traitement là où ces INCAPABLES du CHU ont fait exprès de stagner pendant plus d'une semaine !! Bref, depuis je fais très attention à moi car les complications de la thrombose sont nombreuses (complications dont on ne m'a parlé au CHU, le fait que je sois blonde a du les convaincre que j'étais dégénérée sûrement) et potentiellement graves mais mon angiologue m'a donné toutes les infos, des conseils, fait des ordonnances, je passe des examens, dopler, scanner etc pour contrôler tout ça le temps de dégager ce caillot. Donc voilà, je suis sortie en faisant pression sur les médecins mais je ne le regrette pas une seconde ! Je ne suis pas un rat de labo sur lequel on peut faire des expériences, ensuite vu la gravité de ce qui m'arrivait ils prennent le parti de ne pas ajuster mon traitement histoire de me garder plus longtemps et enfin et c'est là le pire à mes yeux, LEUR chirurgien digestif remet en cause les compétences du mien sans gêne et devant moi, ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase..

Bref, des soucis de santé qui m'ont forcée à ne plus me sous-alimenter.

Je sors de mon anorexie mentale en quelques semaines tout en continuant à faire un maximum de sport pour compenser la reprise d'une alimentation équilibrée, mon poids reste stable.

Puis en octobre 2015 je fais une rencontre, LA rencontre, celle de l'amour de ma vie. Je rencontre Michaël, je lui raconte tout sur ma santé, mon opération, les complications auxquelles j'ai le droit (problème de coagulation, hypoglycémie organique, intolérance au lactose...). Il m'aime, peu importe et moi, je suis heureuse.

Je passe tout mon temps libre avec lui, j'arrête donc le sport, je garde une bonne alimentation mais avec zéro activité physique.

La conséquence ne se fait pas attendre : retour des kg peu à peu. en six mois avec mon amoureux j'ai repris 30kg....

Je passe tous mes soirs à pleurer dans les bras de mon compagnon qui tente de me réconforter en me disant qu'il m'aime comme je suis, qu'il ne voit pas la différence depuis le début de notre relation début octobre (Cause à effet ? Heureuse en amour donc relâche côté physique? ) Plus il essaie de me dire qu'il m'aime, que je suis pas grosse (bla bla bla) plus je déprime... Moi tout ce que je vois c'est que je faisais du 36-38 en jeans et que maintenant je suis au 44. J'ose même plus les sortir du placard, je ne porte que des robes car au moins je peux les mettre.

La fin de la lune de miel
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